Publié dans Editorial

Code de la … rue !

Publié le jeudi, 09 octobre 2025

Nos confrères et consœurs qui font et refont le tour de la ville afin de glaner des informations vraies et en direct ont fait de l’amer constat : il n’y a plus de loi à Antananarivo, pas de code d’hygiène, pas de code la route. Il n’y a que la loi de la rue qui tient ! La population vit sous la loi des barrages. En effet, les barrages font la loi partout ! Des barrages érigés par les Forces de l’ordre afin de limiter strictement l’accès sur certains sites jugés hautement sensibles, interdits au public comme celui de la Place de l’indépendance populairement nommé « Place du 13 mai ». L’objectif évident étant pour les FDS de garantir au mieux l’ordre public et pour les tenants du régime en place de s’assurer le maximum de sureté pour la stabilité. Pour leur part, les grévistes et les manifestants de rue érigent également des barrages afin d’empêcher les gendarmes et policiers de faire leur travail de dispersion. Au final, à chaque camp son barrage ! Conséquences, les habitants de la ville des mille ont du mal à se faufiler entre les barrages. Les véhicules des particuliers n’en peuvent plus autant. Mais le plus navrant et le plus stressant dans tout ce bric-à-brac, c’est le mouvement des taxis-be, seuls moyens de transport de la grande majorité des gens. Déjà, en période « normale », sans mouvement de grève, ils ne font qu’à leurs têtes, qu’à leur loi. Les barrages partout dans la ville leur facilitent la tâche. Les itinéraires prévus dans les cahiers de charge sont ignorés. Les usagers, l’éternelle victime, peinent à suivre le rythme !

En réalité, l’abracadabrant vécu en ce moment n’est que le prolongement de l’anarchie et de la gabegie qui règnent depuis toujours dans la Capitale. L’équipe dirigeante qui se succédait à l’Hôtel de ville d’Analakely n’a pas pu faire autrement que montrer son impuissance à juguler le mal. Les plus perdants dans cette foire sont les contribuables qui, en fait, paient de leur sueur l’argent pour faire tourner la lourde machine de la Commune mais en retour ils subissent les impacts négatifs et déconcertants de l’anarchie. 

Au moins deux facteurs expliquent ce chaos. D’abord, le manque de rigueur des dirigeants. Apparemment, on a l’impression qu’on laisse faire ! Tout observateur de la vie publique constate facilement le laxisme et se demande pourquoi on n’ose pas faire appliquer la discipline à Antananarivo. Les agents de police nationale ou communale se contentent de faire « chanter » leurs sifflets sans aucune prise de mesures coercitives. Sous d’autres cieux, les agents de police ne plaisantent point sur le respect  de la discipline, du code de la route. A Paris tout comme à Londres,  à Dakar ou à Port-Louis, on ne badine pas avec le respect du code la route. Dans la Capitale malagasy, chacun fait sa loi. Taxis-be, taxis-motos, taxis-bicyclettes, les charrettes à bœufs et à main circulent dans tous les sens selon le code la …rue. Quel gâchis ! Deuxième facteur, la corruption généralisée. Il suffit pour le chauffeur verbalisé de « s’acquitter » d’une certaine somme d’argent, souvent dérisoire, pour récupérer les papiers du véhicule confisqués. Le statu quo en dépit des beaux discours. 

Ndrianaivo

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Editorial

  • Opération délicate
    Le faux et l’usage de faux envahissent l’Administration, grand « A » s’il vous plaît, à savoir le domaine général qui englobe tous les secteurs d’activités de l’Etat ou de la République. Faux et usages de faux, du jargon populaire « fosika », faux diplômes ou certificats de fin d’étude gangrènent presque tous les Corps de métier de l’Administration entre autres les départements clés comme l’Enseignement supérieur, l’Education nationale, la Justice, la Régie financière, les Forces de défense et de la sécurité (FDS), etc. Les concours d’entrée dans l’administration publique sont infestés de faux dossiers. Des diplômes de Baccalauréat, de Licence, de Master I ou II se trouvent les plus menacés. Il y a eu même certains de faux diplômes de Doctorat !

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